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Economie Locale et Développement Social
De nombreux projets d’aide à travers le monde ont montré l’importance primordiale de la femme, et en particulier la mère, pour le fonctionnement de la famille. Les femmes se montrent dévouées à leurs enfants et à la famille. En général, elles sont plus responsables dans l’administration de l’argent pour le bien de leur communauté. Beaucoup d’entre elles sont illettrées et peu considérées dans leurs sociétés. L’expérience montre qu’avec un encouragement et des fonds, elles ne demandent qu’à développer une activité économique qui aide leur famille à sortir progressivement de la pauvreté. Dans les zones rurales il n’y a pas assez d’écoles dans les villages et une grande partie des enfants ne peuvent bénéficier d’une éducation de base. Même lorsque l’école n’est pas trop distante, les enfants des familles les plus démunies ne peuvent se permettre de se rendre à l’école, la dépense étant trop importante. Les enfants se voient obligés de travailler aux champs ou ailleurs. Si l’on veut promouvoir l’éducation des enfants les plus déshérités, il est nécessaire, tout d’abord, de faire augmenter les revenus de leurs familles. Certains parents ne voient l’utilité de l’éducation du fait qu’eux-mêmes sont illettrés et peu conscients de leur propre statut dans leur milieu de misère
Alors que faire pour favoriser l’activité locale avec comme objectif la scolarisation des enfants ? Un premier pas consiste à organiser les mères de famille des villages dans des « organisations communautaires » (OC). Il s’agit ensuite de leur demander de commencer à épargner en commun, un petit peu chaque jour, afin de constituer un pécule et de distribuer des crédits afin qu’elles puissent s’établir à leur compte. Par la suite, les revenus des familles en augmentation permettront d’envoyer leurs enfants à l’école. Cette approche génère également des avantages collatéraux importants. Du fait qu’elle apporte des revenus supplémentaires à la maison, le statut de la femme dans la société s’améliorera, de même que l’estime de soi. Elle est basée sur le principe que les « pauvres » doivent s’aider eux-mêmes. Nous voulons éviter le syndrome de la dépendance de l’aide, si répandu de nos jours. Par ailleurs, nous demandons aux villageois de nous aider à construire les écoles, de gérer les fonds communs et de distribuer les prêts selon leurs propres choix. Il faut que le projet leur appartienne. En définitive, les revenus accrus des familles doivent leur permettre d’améliorer la diète de leurs enfants, hors du riz unique, avec des aliments riches en protéines, vitamines et sels minéraux nécessaires à leur croissance.
Dans les villages, il faut réunir les familles et leur expliquer notre approche. Il faut justifier pourquoi l’aide est concentrée auprès des mères de familles. Elles sont meilleures épargnantes et meilleures emprunteuses que les hommes ; elles regardent surtout l’intérêt de la famille dans son ensemble et des enfants en particulier. Ensuite, il faut organiser les femmes en OC, c’est-à-dire une organisation dans laquelle elles choisiront, parmi elles, une Présidente, une Secrétaire et une Comptable. Puis elles décideront les statuts et les règles de fonctionnement, d’après un modèle, mais selon leurs propres critères. L’animateur du projet doit rester en arrière et ne peut donner que des conseils, surtout sur les questions plus techniques.
Après trois à quatre mois d’épargne obligatoire et régulière, le donateur (les initiateurs du projet, soit la Fondation CUF « Community Uplifting Foundation » et l’ONG EDLT « Ecoles de la Terre ») enverra des fonds complémentaires à leur épargne et permettra ainsi que soient distribués les premiers prêts aux mères (familles). Avec ces fonds, les femmes pourront établir leur micro entreprise, et non seulement accroître leurs propres revenus familiaux mais encore rembourser leur crédit à son échéance. Et les femmes qui attendent leur tour pourront également bénéficier d’un prêt. Et ainsi de suite … En contrepartie de cette aide, nous demandons aux villageois d’aménager eux-mêmes une école pour leurs enfants. Cependant, en cas de besoin, les matériaux non disponibles localement pourront être fournis par l’initiateur du projet (CUF et EDLT). L’intérêt sur les prêts doit servir à payer les salaires des enseignants et les autres charges de fonctionnement de l’école.
Après les villages du Nord Punjab au Pakistan, de Magura au Bengladesh, de Jhapa au Népal, ce projet « Revenus – Education » vient d’être lancé dans des villages du district de Gaya, au Bihar, en Inde. Grâce au partenariat entre la fondation CUF, initiatrice des projets mentionnés ci-dessus, et l’association « Ecoles de la Terre », près de 200 mères de famille de six villages autour de Mukarrri sont aujourd’hui organisées. Elles épargnent chaque semaine et ont réussi à distribuer les premiers prêts pour des « micros entreprises » familiales. Ecoles de la Terre a déjà aménagé une école à Mukarri pour plus de 300 élèves. La plupart d’entre eux sont des enfants des membres du projet de « micro crédit ». Ces enfants ne pouvaient se rendre à l’école auparavant. Au cours des prochains mois, le nombre de membres devrait continuer à s’accroître … Notre souhait est de
poursuivre, en collaboration avec la Fondation CUF, cette expérience dans les autres zones rurales où nous travaillons, soit dans d’autres villages de l’Etat du Bihar, des îles Sunderbans et du désert du Thar au Rajasthan.
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